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Tapis rouge pour Sao Paulo Première gorgée de champagne : Drappier Carte d’Or. Siège 7C. Le temps est si gris à Paris que le rouge de la TAM me semble encore plus éclatant. Les sourires du personnel de bord aussi. Le premier article écrit sur les vins et les services testés à bord de ces compagnies qui nous arrachent à notre quotidien a commencé voici tout juste un an. La couleur de la compagnie était purple, une sorte de violet assez vif qui nous transportait dans un nouvel imaginaire du voyage : la sensation est la même aujourd’hui, et me fait repenser à tous ces vols que j’ai pris… un peu pour vous.
Un dernier appel indispensable depuis mon portable pour dire « Je t’appelle en arrivant, promis » (indispensable…), et c’est le moment des consignes de sécurité que j’écoute d’une oreille assez distraite, soyons honnête. Non pas que je connaisse par cœur tous les secrets du gonflage ultrarapide du canot de sauvetage en cas d’amerrissage forcé, mais ça, c’est parce que je n’ai pas encore eu l’expérience. Pour le reste, je maîtrise assez bien le double clic de la ceinture et la manipulation de la commande pour redresser mon fauteuil. Et ranger ma tablette, que je ne sors finalement que très rarement avant le décollage ! Enfin, sauf aujourd’hui, pour poser mon verre de champagne. Les recommandations d’usage sont en portugais : il faudra que je pense à proposer un petit manuel international qui reprendrait les consignes de sécurité dans toutes les langues : un excellent moyen pour apprendre des langues étrangères pendant les longs courriers. C’est vrai que, pouvoir dire en portugais à votre arrivée « Le masque à oxygène tombera automatiquement en cas de dépressurisation de l’appareil », ça assure, et personne ne pourra soupçonner que c’est le seul truc que vous savez dire (mon cas perso !). Mais ici, pas de Barbie ni de Ken aux sourires ultrabright pour nous expliquer sur les écrans vidéos au-dessus de nos têtes ces recommandations, mais des figurines façon Thunderbird (vous vous souvenez, la série télé) qui nous montrent en live les issues de secours. Une idée géniale : même les plus petits ne résisteront pas à l’envie de regarder ces personnages virtuels sautiller entre les allées. Trop bien, comme disent les enfants ! Fernanda, l’hôtesse qui m’a accueillie avec un verre de champagne et un petit bol de cacahuètes tièdes, me ressert un peu de Drapier. Nous n’avons pas encore décollé… 11h30 de vol…
Mon voisin ? Vraiment, on en parle tout de suite ? Ok. Un mélange de Ted Turner et d’André Dussollier. Assez chic. Un appel à New York, à son fils semble-t-il. Une lecture successive du Wall Street Journal et du Canard Enchainé m’indique que, à moins de très bien faire semblant, il parle au minimum quatre langues (…Il faut vraiment que j’apprenne par cœur cette carte des vins en trois langues pour pouvoir faire mini-semblant !!!). Il est très sympa, j’attends un peu pour lui raconter que je suis là en grande partie pour vous, mes lecteurs préférés. Toujours pas décollé. Et déjà, le menu en main, il faut se prononcer sur le choix cornélien entre la salade de crevettes marinées et tomates farcies sauce au concombre et aux radis, et la salade variée accompagnée de canard au fromage, petites pommes de terre en tranches et tout et tout... Suivra une soupe de lentilles et je choisis rapidement les lasagnes aux aubergines et au gouda en plat principal. Les fromages et desserts attendront.
La cabine est maintenant plongée dans le noir pour le décollage : nous sommes le soir, il fait nuit depuis longtemps. Le dîner est rapidement servi : la salade de crevettes marinées et saumon fumé, délicatement assaisonnée d’huile d’olive extra-vierge, est délicieuse, avec un très bon choix de petits pains tièdes. Et un verre de Tormaresca Antiproni Neprica, vin de la région des Pouilles : « Laissez-vous surprendre par ce vin fruité et séducteur qui représente la nouvelle génération de vins italiens » conseille, dans les pages descriptives du menu, Arthur Azevedo, consultant en vin pour la TAM et président de l’association Brésilienne des sommeliers à Sao Paulo. C’est ce que j’ai fait, et j’ai bien fait : ce vin est une très bonne découverte. Les lasagnes choisies plus haut ont été, elles aussi, un excellent choix. Je les accompagne d’un verre de Toro El Albar Barricas, de Jacques et François Lurton (la note précise « parfait sur les viandes », et moi j’ajoute « impeccable avec les lasagnes »). Vous ne me croirez pas si je vous dis que, jusqu’au dessert (une savoureuse tarte à la noix de pécan et coulis de caramel), tout est bon. Vous devriez pourtant : après plusieurs vols en ma compagnie, vous savez à quel point que je suis tatillonne. Mais revenons à la sélection des vins, franchement de grande qualité et intelligente, et la grande place faite aux vins étrangers est justifiée. Le siège, qui s’allonge à 180°, m’empêche de vous raconter quoi que soit d’autre qu’une nuit de sommeil comme dans mon lit, avec les rêves d’autres vols à tester sur d’autres compagnies, pour d’autres lecteurs impatients. Mon voisin ? Non, je crois qu’il n’a pas beaucoup dormi, toujours en train de lire lorsque je me suis réveillée. Ce vol pour Sao Paulo est passé comme un éclair. Je profiterai à peine du petit déjeuner car l’heure de l’atterrissage est arrivée. Si, j’ai tout de même eu le temps de raconter ma vie à mon voisin qui a quitté l’avion avec votre magazine préféré sous le bras. Il a adoré, je lui ai fait cadeau des deux versions. Il me souhaite un bon séjour. Cette compagnie, qui vous rapproche du soleil à l’instant où vous posez un pied à bord, est une super chouette découverte. Et comme je termine cet article quelques jours après mon arrivée, je pense pouvoir vous annoncer que de nouveaux voyageurs ont déjà entendu mon message, et feront prochainement l’expérience d’un tapis rouge pour Sao Paulo.
Patricia Lepic
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